Série thématique : Une mobilité écologique, une transition psychologique
22 Mai 2026
Bienvenue dans le troisième article de notre série thématique autour de la mobilité.
1. Le constat en Suisse
Selon des données de l’Office Fédéral de la Statistique (2021), la voiture domine encore les trajets quotidiens (40-45% des déplacements), tandis que la marche et le vélo représentent une part plus faible, mais croissante (environ 20-25 % combinés selon les années et les zones urbaines).
L’enjeu de cet article sera de saisir le lien entre la sédentarité induite par la voiture, et les maladies chroniques telles que l’obésité et les maladies cardiovasculaires, ainsi que d’explorer les bénéfices sanitaires et environnementaux induits par le fait de privilégier la mobilité douce. Par mobilité douce, nous entendons le déplacement à pied, sur roues ou sur roulettes, actionnées par la force humaine. L’Office Fédéral des Routes (s. d.) considère aujourd’hui également le vélo électrique comme faisant partie de cette catégorie.
2. Sédentarité, pollution et maladies chroniques
La pollution de l’air serait à l’origine d’un demi-million de morts selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2022). En Suisse, selon l’Office Fédéral de l’Environnement (2025), la pollution de l’air, notamment due aux particules fines (PM10), à l’ozone et au dioxyde d’azote, provoque des maladies respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que des décès prématurés. Les populations vivant près des axes routiers très fréquentés sont les plus exposées. En termes d’effets concrets sur la santé, les polluants pénètrent profondément dans les poumons, aggravant les maladies existantes (asthme, bronchites, cancers) et réduisant l’espérance de vie. Toujours en Suisse, cette pollution causerait 2 300 décès prématurés par an (soit 23 600 années de vie perdues), 14 000 hospitalisations, 12 000 cas de bronchite aiguë chez les enfants et 2 300 nouveaux cas de bronchite chronique chez les adultes. Les coûts annuels pour la santé se rapporteraient à 7 milliards de francs (lié à 3,6 millions de jours d’activité réduite). À noter que les nuisances sonores induites par le trafic routier provoquent également des compétences néfastes sur la santé des personnes logeant près des axes routiers (Office Fédéral de l’Environnement, 2022), mais nous ne développerons pas davantage ce point.
3. Les bénéfices directs pour la santé physique
La mobilité douce influe positivement sur la protection de l’environnement, mais également sur notre santé physique. Elle interviendrait en effet sur la réduction des maladies cardiovasculaires, la lutte contre l’obésité et le diabète de type II, et la santé respiratoire.
L’Organisation Mondiale de la Santé (2022) mentionne qu’il a été démontré que marcher pendant 30 minutes ou faire du vélo pendant 20 minutes presque tous les jours réduit le risque de mortalité d’au moins 10%, et que les déplacements actifs sont associés à une diminution d’environ 10% du risque de maladie cardiovasculaire et de 30% du risque de diabète de type II.
Quand nous faisons du vélo, plusieurs groupes musculaires travaillent simultanément et intensément, en particulier les cuisses et les mollets. Selon l’infographie réalisée par la République et Canton de Genève (s. d.), les contractions musculaires exercent une pression sur les veines, ce qui stimule le retour veineux et aide à soulager le sentiment de jambes lourdes. Cette activité contribue également à la dilatation des vaisseaux sanguins et à la baisse de la tension artérielle, favorisant une meilleure circulation du sang vers les muscles et les organes. C’est en améliorant la souplesse des artères, que le vélo peut ainsi contribuer au bon fonctionnement du système cardiovasculaire (Małkowska, 2024).
A noter que l’activité physique régulière, même modérée (comme 30 minutes de marche rapide par jour), permet de brûler l’excès de calories, contribuant directement à la gestion du poids et à la réduction de l’obésité, principale cause du diabète de type II (Vischer, 2003).

4. Les bénéfices pour la santé mentale et le bien-être
Toujours selon la source infographique proposée par la République et Canton de Genève (s. d.), le vélo procure des bienfaits aussi bien physiques que mentaux. Après un effort, le corps libère les tensions accumulées, ce qui contribue à diminuer le stress et l’anxiété. En plus d’éviter les désagréments liés aux embouteillages ou à la recherche d’une place de stationnement, la pratique d’une activité sportive aide généralement à apaiser l’esprit et à améliorer la qualité du sommeil. Grâce à son rythme doux et régulier, le cyclisme favorise la relaxation et procure une sensation durable de bien-être psychologique. Rouler à vélo permet ainsi de se sentir plus serein et de se libérer l’esprit.
En plus d’améliorer notre bien-être mental, la mobilité active stimule également notre cerveau. En effet, l’activité physique modérée favorise une meilleure oxygénation cérébrale, qui améliore la concentration, la mémoire, la vigilance ou encore la créativité. En somme, elle contribuerait à maintenir de bonnes fonctions cognitives au quotidien.
5. Impact environnemental et santé indirecte
Choisir la mobilité douce permet ainsi de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air en évitant la combustion d’énergies fossiles et ainsi voir la baisse des émissions d’oxydes d’azote, de monoxyde de carbone et de particules fines toxiques. Cette réduction d’émission favorise également la réduction des maladies respiratoires associées.
En conclusion, la mobilité douce représente un moyen de transport décarboné, actif, et à privilégier pour le maintien de la santé de la population à long terme que ce soit sur l’axe de la protection de l’environnement, et des maladies vectorielles.
À suivre : dans les prochains mois, nous explorerons d’autres angles de la mobilité pour vous aider à comprendre et peut-être à changer vos habitudes.
Cet article a été écrit par N. Cavarero.
Lien vers la bibliographie
Laisser un commentaire